L’industrie des indiennes, toiles de coton imprimées, a marqué de son empreinte le paysage du littoral neuchâtelois, tel que Rousseau l’a connu au 18e siècle. À l’occasion de notre Fête d’été, nous visiterons les abords de l’ancienne fabrique du Bied, à Colombier, où Rousseau s’est rendu auprès de ses amis DeLuze. La promenade historique se poursuivra au Musée de l’Areuse, à Boudry, où nous participerons à une visite guidée sous la conduite de Pierre-Henri Béguin. Historienne de l’art, Lisa Laurenti nous proposera une conférence sur le développement de l’indiennage dans la région.
Conférence de Lisa Laurenti (Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel) : « Les indiennes à Neuchâtel : une production aux influences internationales ». L’intérêt pour les indiennes manifeste une ouverture certaine pour les produits nouveaux comme la porcelaine, la soie et les épices importés d’Orient en Europe au 17e siècle. Aux 18e et 19e siècles elles sont faites localement à la faveur du développement de manufactures sur une grande partie du territoire européen – notamment suisse – et grâce au perfectionnement des procédés d'impression sur textile, qui trouvent leurs origines en Inde. Elles témoignent d’un goût pour les motifs « exotiques » engendrant alors une production industrielle de masse diffusée à l'échelle mondiale. Neuchâtel se positionne dans ces circuits internationaux en exportant, à la fin du 18e siècle, la majeure partie de ses marchandises vers l’étranger et en employant près de 2000 ouvriers au sein d'une quinzaine de manufactures établies principalement dans la région du littoral.
Illustration tirée de Dorette Berthoud, Les indiennes neuchâteloises, Boudry, La Baconnière, 1951.